mardi 12 août 2014

Good night Robin Williams!

Bonjour à tous,

comme tous les amateurs de cinéma, j'ai donc appris ce jour la disparition de Robin Williams. Il y a des acteurs qui marquent chacun pour différentes raisons, pour différents films. Le cercles des poètes disparus pour les romantiques, Madame Doubtfire pour ceux aimant les comédies déjantées, Will Hunting pour ceux sensibles à la marginalité ou encore Hook pour tous ceux refusant de grandir (vieillir?) et bien d'autres films encore dont la liste serait fastidieuse mais aussi sacrément impressionnante de par les réalisateurs qui les auront dirigés (Spielberg, Gilliam, Allen...)


Pour ma part, Je garderai deux souvenirs de cet acteur hors norme. Une présence tout d'abord dans un épisode de Happy days dans lequel il interprétait en 1978 Mork, un extra-terrestre qui affrontait Richie Cunningham et qui utilisait déjà à merveille tous ses talents comiques et burlesques, talents exploités d'ailleurs par la suite dans une série reprenant ce personnage dans la série Mork & Mindy de 1978 à 1982.

Mais ce fut surtout Good morning Vietnam de Barry Levinson en 1987 qui me reste en mémoire car le film témoigne de toute la palette d'interprétation de Robin Williams.

Bande annonce:


Irrévérencieux avec les officiers conservateurs, humour potache reposant à la fois sur un flot de paroles vertigineux agrémenté de grimaces, mimiques et autres transformations corporelles aussi inutiles à la radio - Robin Williams interprète Adrian Cronauer, animateur de Radio pour les troupes américaines pendant la guerre du Vietnam - qu'irrésistibles au cinéma. Cette folie à la fois gargantuesque et contagieuse se transforme cependant rapidement en émotion pure quand Adrian tombe amoureux d'une jeune Vietnamienne. Ce n'est pas la romance en soi qui importe mais ce qu'elle fait découvrir à Cronauer: un peuple aimable, avec qui les Américains peuvent nouer des liens. Le voici alors transformé en instituteur apprenant l'alphabet et l'anglais aux habitants de Saïgon. C'est une leçon de baseball improvisée qui permet à Robin Williams d'exprimer sa capacité physique à occuper l'espace, tant physiquement que par la voix.
Et Levinson réussit pleinement à tirer tout ce qu'il y a chez cet acteur de complexité en le confrontant à la réalité de la guerre et de l'occupation du Vietnam par l'Oncle Sam. Ainsi découvre-t-il que Tuan, jeune Vietnamien qu'il a pris sous sa coupe, est celui qui a posé une bombe dans un bar où se retrouvaient les soldats américains. Et alors qu'il lui court après pour avoir des explications sur pourquoi il est devenu son ennemi, Tuan lui hurle que c'est lui l'ennemi, que ce sont ses amis qui ont tué sa famille et ses voisins. La caméra du réalisateur sait alors saisir les émotions sur le visage de Williams. Ce clown si volubile est capable également d'interpréter les émotions les plus tragiques. Et là encore, cela passe autant par son visage que par tout le reste de son corps.

Levinson met d'ailleurs en scène une séquence qui résume la personnalité de Cronauer mais de fait, de Williams lui-même. Dans une jeep conduite par Edward (Forest Whitaker), un soldat américain, il se trouve coincé dans les embouteillages causé par les véhicules de l'armée. Identifié par les différents militaires, le voici à la fois ému de tant de reconnaissance et d'amour pour son talent et pour la joie qu'il apportait à ces hommes qui vivaient l'enfer. Cette émotion passe par un regard malicieux, plissé, humide et terriblement pétillant. Pour ensuite se clore sur son fameux "Goooood morning Vieeetnam!!!" lui redonnant l'espace de quelques secondes la truculence qui avait fait son succès.

Les commentaires qui ont suivi sa mort ont tous relevé cette capacité à jouer autant la fantaisie que le drame. Cette séquence d'adieu de Good morning Vietnam est de fait la synthèse de ce talent. Un talent immense qui manque forcément déjà aux cinéphiles de tous les horizons. Parce qu'on a tous un film avec Robin Williams en nous.

À très bientôt
Lionel Lacour

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