vendredi 30 septembre 2016

Lumière 2016: "Walter Hill le cow-boy", un documentaire sur un cinéaste foncièrement américain

Bonjour à tous,

Vendredi 14 octobre à 16h45, à l'Institut Lumière salle 2 (Villa) sera proposé le documentaire Walter Hill le cow-boy réalisé par Jean-Pierre Lavoignat, Christophe d’Yvoire et Nicolas Marki.

Évidemment, cette projection correspond à la rétrospective consacrée à ce réalisateur dont beaucoup ont oublié le nom mais qui a marqué le cinéma mondial par des films devenus soit cultes, soit des références dans des genres variés, mais en ayant un souci, celui de ne pas sacrifier le scénario au  spectacle. 

La filmographie de Walter Hill est plutôt marquée par la virilité, la violence mais aussi par une réflexion récurrente entre ce qui différencie le Bien du Mal. Dans Le bagarreur en 1975(qui permettait de reconstituer le duo Bronson -Coburn), le spectateur doit se positionner face à un homme qui gagne sa vie par des combats à mains nues et celui qui organise ses combats. En 1979, dans Les guerriers de la nuit, Hill aborde le monde des gangs de New-York dans une vision apocalyptique de la société américaine et dans laquelle une nouvelle hiérarchie se met en place autour de valeurs pourtant universelles. 
Si ce film est plutôt sombre et glauque, Quarante huit heures sorti en 1982 est marqué par une confrontation improbable entre un policier et un criminel, amenant des situations comiques célèbres grâce aux talents d'Eddie Murphy et de Nick Nolte. Film ayant ouvert la mode des Buddy movies, ces transpositions aux États-Unis des héros de La chèvre (sorti u an plus tôt avec Pierre Richard et Gérard Depardieu) sont cependant des héros d'un film d'action très efficace dans lequel le flic (Nolte) enfreint la loi régulièrement quand le taulard (Murphy) montre des qualités morales insoupçonnables.
En 1988, Double détente propose une opposition assez similaire entre un agent américain (James Belushi) et un officier soviétique (Arnold Schwarzenegger) qui doivent collaborer et qui arrivent finalement à se comprendre malgré les oppositions idéologiques qui les séparent.

À bien y regarder, les films de Walter Hill font peu de place aux rôles féminins et les scénarios semblent pouvoir être des adaptations d'histoires de western, genre par excellence pour réfléchir sur les notions de Bien et de Mal, avec toutes les ambiguïtés qui peuvent être mises en avant. Et Walter Hill ne s'est d'ailleurs pas gêné pour faire des westerns! En 1980, il réalisait Le gang des frères James dont le héros principal était justement un personnage atypique dans la légende américaine, bandit bien aimé, mais bandit tout de même. Hill réalisa par la suite d'autres westerns pour le cinéma mais il en tourna et en produisit aussi pour la télévision américaine comme en 2004 avec le premier épisode de Deadwood. Cet épisode sera d'ailleurs projeté le mardi 11 octobre à 21h à l'Institut Lumière - toujours salle 2 (informations sur www.festival-lumiere.org).

Le titre du documentaire, Walter Hill le cow-boy n'est donc pas anodin. Le cow-boy n'est pas seulement une figure mythique des USA. C'est aussi par ce personnage, par son rapport aux autres, à la loi, à l'ordre que les USA se sont construits leur système de valeurs, avec à la fois pour certains des certitudes dans ce qui est le Bien et le Mal, mais aussi pour d'autres, des remises en cause permanentes sur les limites entre ces deux notions. Loin du manichéisme, le cinéma de Walter Hill est un cinéma populaire au bon sens du terme. Il divertit les spectateurs mais ses films sont porteurs de vraies questions de société. 

Le documentaire Walter Hill le cow-boy vous en persuadera!

Walter Hill le cow-boy - Jean-Pierre Lavoignat, Christophe d’Yvoire et Nicolas Marki - 56 min - 2015
Vendredi 14 octobre à 16h45, à l'Institut Lumière salle 2 (Villa)
EN PRÉSENCE DE JEAN-PIERRE LAVOIGNAT

lundi 26 septembre 2016

Lumière 2016: "Midnight express", la puissance d'un film 30 ans après

Bonjour à tous

En 1978, Alan Parker réalisait Midnight express à partir de l'histoire de Billy Hayes, emprisonné en Turquie pour détention de drogue puis trafic de drogue, tentant de s'évader coûte que coûte. En 2006, la réalisatrice Sally Sussman revient sur cette histoire incroyable, non pour replonger le spectateur dans le seul contexte de production, mais pour montrer comment un film peut agir dans l'imaginaire collectif.

En effet, le succès du film reposait sur ce que subissait le personnage principal, de la part de la police comme des gardiens de prisons: insultes, tortures et sévices multiples, sur un scénario du rarement léger Oliver Stone (débutant alors mais tout de même oscarisé), le tout accompagné d'une bande son mémorable de Giorgio Moroder (musique faite avec des synthétiseur et oscarisée)!

La conséquence fut multiple. Le film fut bien accueilli par les spectateurs, notamment français (avec près de 6 millions d'entrées!) et du point de vue critique. Mais c'est surtout la réputation de la Turquie qui en prit en coup. Et un sévère.

Dans son documentaire, MIDNIGHT RETURN : THE STORY OF BILLY HAYES AND TURKEY, Sally Sussman revient donc sur ce dernier point. Comment un film de fiction peut perturber à ce point la vision que les spectateurs ont d'un pays, quand bien même le film est une fiction dont les ressorts dramatiques sont objectivement exagérés.

Accompagné de Billy Hayes lui-même, Sally Sussman tente de montrer comment un pays, la Turquie, essaye encore de se défaire de l'image que Midnight express  a imposé au pays.

MIDNIGHT RETURN : THE STORY OF BILLY HAYES AND TURKEY - Sally Sussman - 2016
Samedi 15 octobre 2016 - 17h - Institut Lumière Salle 2 (Villa)
Réservations: www.festival-lumiere.org
EN PRÉSENCE DE SALLY SUSSMAN

Lumière 2016: "Jerry Lewis, clown rebelle" - l'hommage d'un réalisateur français

Bonjour à tous

Grégory Monro est ce qu'on appelle un iconoclaste. Comédien, réalisateur, il est passionné par Lucky Luke et en fait un documentaire. Puis il fait un autre sur Calamity Jane, personnage mémorable du personnage créé par Morris et raconté entre autres par Goscinny. Son intérêt pour l'humour populaire l'avait conduit à réaliser en 2013 Monsieur de Funès, maître inégalé du comique du cinéma français pendant près de 3 décennies. Et c'est donc tout naturellement qu'il réalise en 2016 Jerry Lewis, Clown rebelle, projeté en avant première au Festival Lumière le lundi 10 octobre 2016 à 19h30 à l'Institut Lumière - salle 2 (Villa) et en sa présence!

Produit par Arte, dont le catalogue de documentaires sur le cinéma est d'une rare qualité (on se souvient notamment encore de l'excellent Cinékino présenté l'an dernier au Festival Lumière), Gregory Monro revient sur la carrière de ce génie américain, mégastar dès ses débuts avec son compère Dean Martin - avant que leurs chemins artistiques et personnels ne se séparent - au point de bloquer les rues de New York par les meutes de fans. Idole comique, génie du cinéma en devenant le maître d'œuvre de ses propres gags en fantaisies, introduisant l'écran de contrôle permettant au réalisateur de voir l'effet en direct des cadres choisis, Jerry Lewis est un cinéaste hors norme et un maître ayant influencé des générations de comédiens tant américains qu'européens.

Sa filmographie est pléthorique et inégale mais possède des bijoux d'humour. Que ce soit Le tombeur de ces dames en 1961 dans lequel Lewis invente un studio improbable pour donner une impression incroyable de maison éclatée dans laquelle le spectateur navigue sans contrainte ou Les tontons farceurs en 1965 lui permettant la performance d'incarner plusieurs rôles à la fois,  il y a surtout le fameux Docteur Jerry et Mister Love de 1963, quintessence de son talent, maniant à la fois le gag visuel pur, les quiproquos, les principes du cadrage, tout en jouant sur l'autodérision. Mais ce film est aussi et peut-être surtout une sorte de résumé du dilemme autour de l'artiste. Comique génial mais également cinéaste surdoué, homme de gags minutieux préparés et réfléchis méticuleusement et roi de l'improvisation. C'est un homme à multiples facettes que l'on retrouve à chacun de ses films.

Pourtant, Jerry Lewis n'est pas qu'un comique. La preuve en deux situations différentes. Ainsi, lors des retrouvailles avec son ami Dean Martin lors d'un show télévisé après des années sans s'être revus, Jerry Lewis manifeste une émotion incroyable tout en étant capable d'improviser en faisant du Jerry Lewis. Tordant et émouvant. Dans un film ensuite, La valse des pantins de Martin Scorcese en 1983 (le titre original étant The king of comedy) montrait un Jerry Lewis en comique célèbre mais séquestré par un jeune comique (génial Robert De Niro) voulant prouver que lui aussi a du talent. Film à nouveau montrant deux facettes différentes de Lewis mais en insistant pour une fois sur son talent dramatique.

C'est avec ce matériau que Grégory Monro a tenu à rendre à Jerry Lewis les honneurs qui lui étaient dus. Lui dont le talent est oublié, surtout aux États-Unis d'ailleurs. Hommage mais pas hagiographie même si Jerry Lewis a su aussi mettre son talent au service de causes nobles - il fut l'initiateur du Téléthon. Jerry Lewis, clown rebelle rappelle les moments simples du cinéma populaire, celui devant lequel on rit de bon cœur, et auquel tant d'humoristes aujourd'hui doivent tant.

Jerry Lewis, clown rebelle - Grégory Monro, 2016
Lundi 10 octobre 2016 - 19h30 - Institut Lumière salle 2 (Villa)
EN PRÉSENCE DU RÉALISATEUR
Résevations: www.festival-lumiere.org

À très bientôt et bon Festival Lumière

Lumière 2016: "Dragon girls" - les héroïnes du cinéma asiatiques vues par Yves Montmayeur

Bonjour à tous

Yves Montmayeur est un habitué du Festival Lumière. Après être venu présenter ses documentaires sur les films de Yakuza ou sur le cinéma érotique japonais, puis son inestimable Michael Haneke, profession réalisateur, le voici qui revient pour un nouveau documentaire sur le cinéma extrême oriental: Dragon girls, les amazones pop asiatiques. 

Parce que les cinémas asiatiques, chinois ou japonais, proposent de plus en plus souvent des portraits de femmes rebelles, comme le film d'Ang Lee Tigre et dragon (2000) en atteste, Yves Montmayeur, avec son talent habituel, est allé se plonger dans cette évolution notable dans des pays souvent marqué par une forte phallocratie, en interrogeant de nombreuses actrices devenues icônes comme Michelle Yeah, Shu Qi, Fan Bingbing et bien d'autres encore, et pas seulement dans le domaine du cinéma mais aussi celui du rock.

Avec ce documentaire, Yves Montmayeur continue d'explorer la culture asiatique par son cinéma, et singulièrement le cinéma japonais, par une approche kaléidoscopique de ces sociétés à la fois exotiques et si proches, exerçant sur nous, occidentaux, une fascination qui se manifeste par notre appétit à les connaître justement par leurs cinémas. Ce documentaire montre aussi comment le cinéma de fiction permet de faire une Histoire quasi immédiate des différentes sociétés, car on ne filme pas les femmes chinoises et japonaises depuis 15 ans comme on les filmait au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

Dimanche 9 octobre 2016 - 19h15 - Institut Lumière - salle 2 (Villa)
Dragon Girls, Les amazones pop asiatiques - Yves Montmayeur - 2016
Réservation sur www.festival-lumiere.org


À bientôt au Festival Lumière